Pour ce qui est de ses origines, Ben Harper représente ce que l'Amérique a su faire de mieux, peut-être à son insu. Né en Californie le 28 octobre 1969, Benjamin Chase Harper vient au monde avec dans les veines du sang d'indien Cherokee et africain par sa grand-mère paternelle et la mélancolie des peuples de l'Europe de l'Est héritée d'anciennes origines lithuaniennes du côté maternel. Cette famille composite vit par et pour la musique, son père est luthier, ses grands-parents possède un magasin de musique et sa mère chante en s'accompagnant à la guitare. Baigné dans cette atmosphère musicale, Ben est un enfant précoce qui ne tarde pas à jouer de la guitare et à composer des chansons alors qu'il n'est encore qu'un petit garçon. Introspectif, rêveur, il met en musique ses états d'âme et s'initie à la fabrication des instruments.
Après quelques concerts dans des bars et des petites salles locales, Ben Harper participe à quelques groupes en tant qu'instrumentiste puis se lance, plus sérieusement, dans la composition de son propre répertoire, surtout après la rencontre déterminante qu'il fait de l'une de ses idoles, le guitariste Taj Mahal qui, impressionné par son talent, l'invite sur l'une de ses tournées.
En 1994, Ben Harper, encore relativement inconnu du grand public, sort « Welcome to the Cruel World » qui est immédiatement encensé par la critique et séduit un large public amateur de ce mélange novateur de blues, de folk, de rock aux subtiles influences country. La voix de Ben Harper est chaude, flexible et chargée d'émotion, l'homme est charismatique, il n'en faut pas plus pour lancer sa carrière. Sur ses autres albums, comme « Fight for your right », en 1995, « The will to live », en 1997, « Burn to shine » en 1999 et plus récemment en 2003, le somptueux « Diamonds on the inside », il continue à s'essayer à tous les style, de la ballade en passant par le reggae à la soul la plus intimiste, voire à des arrangements jazz dans le style de la Nouvelle-Orléans. Ben Harper ne se perd pas pour autant dans le dédale de ses recherches musicales, guidé par sa propre énergie mêlée à une émotion pleine de délicatesse et parfois de véritable souffrance. Il chante l'amour et le désespoir comme personne, comme sur les titres « Widow of a living man » ou « Alone », lui qui a pourtant rencontré le grand amour en la personne de la comédienne Laura Dern (« Sailor et Lula ») avec laquelle il vient de se marier après plus de quatre ans d'amour et deux enfants, eux-aussi fruits du mélange et de la rencontre artistique.



